Des coachs hyperperformants

Des coachs hyperperformants

Le public de nos clubs change, le manager sportif doit veiller à ce que les prestations de nos coachs s’adaptent aux besoins de nos adhérents.

Les coachs des clubs de Fitness aujourd’hui ont une vie débordante sur les réseaux sociaux : adeptes des pages de fitness, CrossFit, Les Mills, yoga ou autres Bootcamps, ils ont une vision faussée des tendances sportives. Fans de sports, inconditionnels de la performance, ils prônent le “no pain, no gain” à tout va, et postent sur les pages Facebook, Twitter, Instagram… des photos ou vidéos d’entraînements de haut niveau.

Il est alors difficile pour eux, lorsque leur expérience de l’enseignement n’est pas encore très développée, de se rendre compte de l’écart de niveau de pratique qui existe entre la majorité des membres de nos clubs, les pratiquants occasionnels, de loisirs, les nouveaux inscrits, les “séances d’essai” et leurs communautés hyperentraînées.

Trompés par la présence “d’hyperfréquentants” qui veulent leur ressembler, ils ne voient pas les personnes plus discrètes qui n’osent pas dire quand elles n’y arrivent pas, et qui ont, en revanche, réellement besoin d’aide. Elles ne connaissent pas les techniques de remise en forme, et attendent du coach, non pas une démonstration inaccessible, mais un réel soutien, technique et pédagogique, accompagné d’une authentique empathie.

En effet, toutes les études de santé publique montrent qu’aujourd’hui, les Français et les Françaises bougent de moins en moins. L’Eurobaromètre de 2013 sur l’activité physique annonce que seulement 8% des Français pratiquent une activité sportive régulière, contre 42 % qui ne pratiquent jamais. Pire encore, 30 % de nos concitoyens ne pratiquent aucune activité même modérée (vélo pour se déplacer, jardinage, marche…). Et cela ne s’arrangera pas, puisque l’OMS a mesuré en 2014 que les 18-24 ans sont encore plus inactifs que leurs aînés, et marchent quotidiennement 2 000 pas par jour de moins de ce qu’ils devraient théoriquement, à leur âge, pour être en bonne santé. D’ailleurs, les douleurs musculo-squelettiques des jeunes inquiètent le monde médical. Le fossé entre les coachs super-entraînés et les clients potentiels des clubs ne cesse de s’agrandir.

Nos clients d’aujourd’hui sont en souffrance et recherchent des séances qui leur font du bien.

Nos clients font face quotidiennement à une souffrance accrue : mal de dos, stress, mal aux cervicales, troubles du sommeil, fatigue chronique… en arrivant à la salle de sport, ils souhaiteraient à 55% (Eurobaromètre 2013) se faire du bien, pour être en bonne santé, pour ne pas souffrir dans leur vie. Pourtant, le registre pédagogique utilisé par les coachs se réfère souvent à des stéréotypes sportifs datant du siècle dernier : “il faut que ça brûle”, “il faut que ça fasse mal”, “ça pique”, disent les coachs. C’est en effet le cas, puisque le contenu de la séance est souvent intenable. Les séances sont tellement difficiles que personne ne résiste à la durée des exercices, tout le monde adopte de mauvaises postures : le corps triche, s’adapte. Et surtout, les participants découragés face à leur inaptitude à exécuter le quart de la moitié des exercices, ne reviennent pas, résilient leur abonnement, ou pire encore, bloquent les prélèvements.

Le manager sportif acteur du changement.

Les coachs doivent être autorisés par leur hiérarchie à quitter leur démonstration, et à passer pour aider, soutenir et accompagner les participants. Cesser de donner l’impression qu’ils sont là pour s’entraîner, mais être là réellement pour les clients. Nous devons apprendre à nos équipes aujourd’hui à enseigner aux gens la différence entre une sensation musculaire de travail recherchée et la douleur, liée à un placement mal exécuté, ou une tension inutile. “Vous devez sentir le travail musculaire à cet endroit, mais cela ne doit pas faire mal ici.” Le contenu des séances, notamment de renforcement musculaire, doit tenir compte du changement de vie de nos adhérents, de plus en plus sédentaires. Il faut particulièrement soigner le fameux “abdos-fessiers”, vers lequel les nouveaux inscrits et les débutants se précipitent, alléchés par un intitulé prometteur. Ce cours doit être simple, fun, et surtout, cesser de rester figé “à l’ancienne” avec des exercices dans la même position d’une durée de plusieurs minutes. Non seulement c’est ennuyeux, mais en plus, la dépense énergétique est faible. Les exercices du cours d’abdos-fessiers doivent se faire debout, assis, couché, et les positions doivent changer, afin de bouger pour mieux transpirer. Le mouvement permet de mieux lutter contre les effets de la sédentarité : les problèmes de circulation sanguine de nos concitoyens étant de plus en plus nombreux, il est nécessaire de les faire souvent changer de position. Leur métabolisme étant de plus en plus troublé, il faut stimuler leurs dépenses caloriques. Pour devenir des lieux de référence de lutte contre les effets de la sédentarité grandissante, les clubs de remise en forme doivent proposer des contenus de séance amusants, simples, accessibles et adaptés à chaque personne. Les managers doivent veiller à ce que les coachs s’occupent réellement des gens, en leur apportant les conseils techniques. Les participants doivent sortir de leurs entraînements indemnes, heureux, et rougis par l’effort, mais sans douleur. Bref contents ! N’oublions jamais qu’un client satisfait est un client fidèle…