ToyBoard : les joies du surf en salle

ToyBoard : les joies du surf en salle

S’allonger sur une planche et tenter de se tenir debout sans perdre l’équilibre. Ces gestes que l’on croyait réservés aux surfeurs s’ouvrent désormais aux salles de sport avec ToyBoard. Une manière de surfer sans faire de vagues, à condition de savoir dompter une mini-planche qui a tout d’une grande.

Une planche utilisable partout sauf sur l’eau

À première vue, la ToyBoard n’a rien d’hostile. C’est une petite planche de surf en mousse avec un dessous arrondi. À première vue seulement, car une fois dessus, les choses se compliquent. En effet, il faut réussir à exécuter sans stabilité squats, planks et autre one leg raises. Tout un programme donc.

Cette planche utilisable partout sauf sur l’eau et qui permet de travailler à la fois cardio et renforcement musculaire a ceci d’insolite que sa conception doit tout au hasard.

Tout commence lorsqu’un petit garçon de 4 ans admiratif de son père surfeur décide de faire comme lui. Ne sachant pas encore nager, son oncle charpentier menuisier de profession lui fabrique une planche d’apprentissage utilisable au sol en utilisant ce qu’il a sous la main. En l’occurrence, des chutes de mousse. Pour produire de l’instabilité, le charpentier spécialisé dans les bâtiments historiques prend soin de couper les bords de la planche en biais. Mission accomplie. Le petit garçon ne quitte plus son modèle sur mesure et gagne rapidement en motricité et équilibre. La ToyBoard est née.

Face à l’excitation de son neveu, Thibaut Tranchard réfléchit avec l’aide de sa compagne ostéopathe aux possibles déclinaisons de sa création et aux matériaux appropriés. Le Breton installé au Pays basque réalise même une étude de marché avec la CCI de Bayonne et intègre l’incubateur d’une école d’ingénieurs située à Bidart. Car il s’agit bien d’une découverte. Avant la ToyBoard, aucun support ne permettait aux enfants d’apprendre le « take off » (moment où l’on se tient debout sur la planche) au sol. Il se familiarise donc au langage des financements et des fournisseurs et monte sa société en ciblant dans un premier temps les « bébés surfeurs ».

Avec l’appui du crowdfunding pour financer les moules de ses planches, les premières ToyBoard sont mises en vente sur son site Internet à l’automne 2015. Un an plus tard, la planche née du désir d’un petit garçon coiffe près de 600 candidats au poteau et remporte la médaille d’or du concours Lépine. De quoi faire décoller les ventes.

Pour Thibaut Tranchard, cette aventure ToyBoard marque un changement de vie considérable. Lorsqu’il crée la planche pour son neveu, le Breton vient en effet de quitter la restauration des châteaux et pont-levis de Brest pour aller vivre avec sa compagne sur un voilier.

ToyBoard mode d’emploi

Très vite, le bambin n’est plus le seul à plébisciter l’invention de son oncle. À sa suite, particuliers, kinés, écoles de surf et même crèches sont sous le charme de cette planche qui peut servir à bercer, éveiller et faire découvrir les premiers réflexes aux bébés. La ToyBoard respecte pour cela les normes de qualité, de sécurité et d’hygiène du monde médical et des collectivités.

L’indoor surf board qui s’utilise aussi bien en statique qu’en dynamique possède des usages multiples. Elle permet de travailler le cardio, le renforcement de la sangle abdominale, des fessiers et des cuisses, la psychomotricité chez l’enfant et l’adulte, la souplesse, ou encore le renforcement articulaire chez les seniors. Le haut et le bas du corps, mais aussi les chaînes antérieures et postérieures sont mobilisés afin de produire une séance complète axée sur la préparation ou la récupération. Le tout, en minimisant les douleurs après l’effort.

Sur sa planche instable, l’utilisateur effectue donc des squats sautés, des burpees, des poses de yoga ou goûte aux sensations du « take off ». Il peut aussi marcher en équilibre puis faire demi-tour, sauter sur un pied, voire tenter des squats sur une jambe.

L’équipement au design élaboré de 103 cm de longueur pèse 2 à 3 kg et est donc transportable partout.

À la conquête des clubs

La ToyBoard se décline en trois formes : la ToyBoard® Care destinée à la rééducation et à la réadaptation (masseur-kinésithérapeute, sage-femme, orthophoniste, pédicure-podologue, etc.), la ToyBoard® & CO à destination des collectivités et centres récréatifs pour travailler coordination, motricité et équilibre. Enfin, la ToyBoard® FIT, conçue pour les sportifs, les coachs, les préparateurs, ainsi que les salles de fitness et de musculation. Elle est adaptée à un usage intensif et peut supporter jusqu’à 120 kg. C’est avec elle que Thibaut et son équipe souhaitent conquérir les clubs. Avant lui, des concepts similaires de type Surfset ont vu le jour en salle pour permettre aux amateurs de surf de pratiquer leur discipline toute l’année. Depuis quelques mois, la planche met donc à son tour le cap sur les clubs qui représentent un marché porteur.

La salle Chez Simone située rue de Rivoli fait office de pilote et teste le concept à Paris. Les premiers cours ont commencé début mai. Tous les mardis à 18 h 15, un cours de 45 minutes axé sur le renforcement, le cardio et le yoga sont ainsi proposés à 10 participants. D’autres cours de ce type devraient suivre dans les grandes villes. Les gérants de clubs et les coachs se montrent déjà intéressés par le concept de l’ancien charpentier.

De l’indoor surf pour qui ? Si la marque étudie toutes les demandes, elle dit vouloir privilégier les salles disposant d’espaces bien-être. Les clubs souhaitant utiliser la planche ont le choix entre deux options : la commander et l’utiliser librement ou obtenir une certification. Dans ce cas, un master coach se déplace au sein du club afin de former le personnel à son utilisation.

En 2017, 2 200 planches ont été vendues et chaque année, deux nouvelles collections sont proposées. La marque revendique une production 100 % made in France dans la conception et la fabrication et est présente à l’international (Espagne, Portugal, Allemagne, Belgique, Grèce et même Amérique centrale).

www.Toyboard.fr/fr/
Prix de départ : 149 euros. Compter 5 semaines de livraison.
Un article rédigé par :
Pierre-Jacques Datcharry

Originaire du Pays-Basque, il découvre le marché du fitness alors que rien ne lui prédisait un tel parcours. Sportif, il tombe dans l’addiction de la musculation pendant ses études en communication. À la recherche d’un stage de 3 mois, il trouve sympa de combiner ses études supérieures et sa pratique sportive du moment, ce qui l’amène à accepter une offre de stage chez Groupe 76, société organisatrice du « salon du Fitness » de l’époque. Il n’en sortira plus… D’un avenir de 3 mois dans le monde du Fitness, il y évolue encore 20 ans plus tard.