Pourquoi les coachs doivent apprendre à vendre (sans avoir l’impression de vendre)

Pourquoi les coachs doivent apprendre à vendre (sans avoir l’impression de vendre)

Pendant longtemps, le mot vente a eu mauvaise réputation dans le monde du coaching sportif.

Pour beaucoup de professionnels, vendre est synonyme d’insister, de convaincre à tout prix, de mettre la pression ou de réciter un discours commercial appris par cœur.

Alors ils évitent le sujet.

Ils parlent de leur passion, de leurs compétences, de leurs diplômes, de leurs méthodes… en espérant que cela suffise.

Parfois, oui.

Mais le plus souvent, non.

Car une réalité demeure : un excellent coach qui ne sait pas présenter la valeur de son accompagnement aidera toujours moins de personnes qu’un coach capable d’expliquer clairement pourquoi il peut faire la différence.

La vente n’est pas l’opposé du coaching.

Elle en est souvent la première étape.

Le meilleur coach n’est pas toujours celui qui a le plus de clients

Le secteur du coaching regorge de professionnels compétents qui peinent à remplir leur planning.

À l’inverse, certains coachs affichent complet pendant plusieurs semaines sans forcément posséder davantage de diplômes ou d’expérience.

Pourquoi ?

Parce qu’ils savent transformer un premier échange en relation de confiance.

Ils ne vendent pas une séance.

Ils donnent envie de vivre une transformation.

Cette nuance change tout.

Les clients n’achètent pas une heure de coaching

Personne ne se lève le matin en rêvant d’acheter une séance de 60 minutes.

Les clients achètent autre chose.

Ils veulent :

  • retrouver de l’énergie ;
  • perdre du poids ;
  • ne plus avoir mal au dos ;
  • préparer une course ;
  • reprendre confiance en eux ;
  • vieillir en meilleure santé.

Le coaching n’est que le moyen d’atteindre cet objectif.

Lorsque le coach parle uniquement du contenu de ses séances, il décrit un service.

Lorsqu’il parle du résultat recherché, il répond à une attente.

Et c’est précisément ce que le client cherche à entendre.

Arrêter de convaincre, commencer à écouter

L’une des plus grandes erreurs consiste à vouloir convaincre dès les premières minutes.

En réalité, un bon entretien commercial ressemble beaucoup à une première séance de coaching.

Le professionnel pose des questions.

Il cherche à comprendre.

Il écoute.

Il reformule.

Il identifie les freins, les habitudes, les motivations et les objectifs.

Plus le coach comprend la personne qu’il a en face de lui, plus il devient facile de lui proposer un accompagnement réellement adapté.

La vente cesse alors d’être un discours.

Elle devient une réponse.

Le prix est rarement la véritable objection

« Je vais réfléchir. »

« C’est un peu cher. »

« Je vais attendre. »

Ces phrases sont souvent interprétées comme un problème de tarif.

Pourtant, dans la majorité des cas, elles traduisent surtout un manque de confiance ou de clarté.

Le futur client ne sait pas encore si cette solution est réellement faite pour lui.

Il ne perçoit pas toujours la différence entre une séance de coaching et un accompagnement structuré.

Autrement dit, il n’achète pas parce qu’il n’a pas encore compris toute la valeur de ce qui lui est proposé.

Arrêter de vendre des séances

L’une des erreurs les plus fréquentes consiste à vendre séance après séance.

Cette approche entretient une logique de consommation ponctuelle.

À l’inverse, un accompagnement construit autour d’un objectif donne du sens au parcours du client.

On ne vend plus :

« Une séance mardi à 18 h. »

On propose :

« Un accompagnement de trois mois pour retrouver votre condition physique et reprendre le sport durablement. »

La différence est immense.

Le client comprend où il va.

Et le coach devient un véritable partenaire de progression.

La confiance se construit avant le premier rendez-vous

Aujourd’hui, la vente commence bien avant qu’un prospect pousse la porte d’un studio ou prenne rendez-vous.

Les réseaux sociaux, un site internet, les avis clients, les témoignages ou encore les contenus pédagogiques participent déjà à construire cette relation.

Lorsqu’une personne découvre régulièrement vos conseils, comprend votre approche et voit les résultats obtenus par vos clients, elle arrive souvent au premier rendez-vous avec une grande partie de sa décision déjà prise.

Autrement dit, une bonne communication réduit considérablement la nécessité de « vendre ».

Elle crée de la confiance avant même le premier échange.

Vendre, c’est aussi rendre service

Il existe une autre manière de regarder la vente.

Imaginez un coach qui possède toutes les compétences pour aider une personne à retrouver une meilleure santé.

Cette personne hésite.

Par peur.

Par manque de confiance.

Par habitude.

Si le coach n’ose jamais lui proposer un accompagnement, il ne lui rend pas service.

À l’inverse, expliquer avec bienveillance pourquoi un suivi peut réellement changer son quotidien n’a rien d’une manipulation.

C’est permettre à quelqu’un de passer à l’action.

Et parfois, cette décision peut transformer bien plus que sa condition physique.

Le véritable enjeu n’est pas de vendre plus. C’est d’aider plus.

Les coachs n’ont pas besoin de devenir des commerciaux.

Ils doivent simplement apprendre à mieux expliquer la valeur de leur métier.

Parce que vendre n’est pas convaincre quelqu’un d’acheter quelque chose dont il n’a pas besoin.

Vendre, c’est permettre à une personne qui a besoin d’aide de comprendre pourquoi vous êtes la bonne personne pour l’accompagner.

Et lorsqu’on voit la vente sous cet angle, elle cesse d’être un exercice inconfortable.

Elle devient la première étape d’un accompagnement réussi.

Un article rédigé par :
Pierre-Jacques Datcharry

Directeur de publication. Professionnel du secteur depuis plus de 20 ans.