Capsulite rétractile de l’épaule

Capsulite rétractile de l’épaule

La capsulite rétractile est une pathologie de l’articulation gléno-humérale que l’on rencontre peu chez le sportif, mais plus fréquemment dans une population sédentaire. Il n’est pas rare qu’un adhérent vienne voir son coach afin de lui demander conseil concernant ce type de pathologie. Le coach doit pouvoir répondre à cette attente et proposer un entraînement qui ne risque pas d’aggraver la lésion de l’épaule.

Définition

La capsulite rétractile (que l’on appelle aussi épaule gelée) est un enraidissement progressif et douloureux de l’épaule consécutif à une rétraction importante et un épaississement des fibres de la capsule.

Le mécanisme à l’origine de cette rétraction serait lié à un trouble neuro-végétatif qui perturberait la trophicité des tissus capsulo-ligamentaires (c’est-à-dire leurs qualités de souplesse et d’élasticité). En effet, le système nerveux végétatif s’occupe du maintien de l’équilibre du milieu intérieur (l’homéostasie). Il permet de réguler les glandes sécrétrices, les muscles lisses (des viscères et des vaisseaux sanguins), le muscle cardiaque, etc. C’est donc lui qui gère les sécrétions permettant d’influencer les inflammations du corps et le métabolisme du tissu conjonctif. De plus, il est en lien avec le centre cérébral des émotions, ce qui peut expliquer certaines réactions du corps lors de situations stressantes (transpiration, palpitations, etc.).

Les causes d’apparition de ce dérèglement sont variables, cependant, un évènement traumatique et/ou un contexte psychologie difficile (stress intense) seraient les deux causes les plus fréquentes.

L’évolution est longue, mais habituellement favorable, elle peut durer de un à trois ans et laisser des séquelles définitives à ce type de raideur de l’épaule.

Comment est-elle diagnostiquée ?

L’enraidissement de l’épaule porte sur tous les mouvements, mais ce sont l’abduction et la rotation externe qui sont les plus touchées.

Ce blocage s’installe progressivement et s’accompagne au début de douleurs permanentes, intenses et diffuses (souvent la nuit), puis les douleurs s’estompent tandis que la raideur persiste.

Une amyotrophie peut apparaître et concerne surtout le deltoïde et les muscles de la coiffe des rotateurs.

La radiographie pourra montrer une élévation de la tête humérale dans la glène de la scapula et parfois une déminéralisation de la tête humérale. L’IRM, l’échographie et l’arthrographie pourront révéler une inflammation de la région et un rétrécissement de la capsule.

Les traitements

  • Repos
  • Antalgiques et anti-inflammatoires type cortisone (en cachet ou en infiltration intra-articulaire), calcitonine.
  • Kinésithérapie et autorééducation lorsque les douleurs ont diminué.
  • Les traitements chirurgicaux permettent de distendre la capsule (arthroscopie avec capsulotomie, mobilisation sous anesthésie générale, arthrodistension). Ils donnent souvent de très bons résultats, mais doivent impérativement être non douloureux afin de ne pas relancer l’inflammation de l’articulation.

Quelques conseils pour la pratique du sport

  • Repos sportif tant que l’épaule est très douloureuse (surtout si la douleur est présente la nuit) car la phase inflammatoire n’est pas encore terminée.
  • Renforcement des abaisseurs de la tête humérale (grand dorsal, grand rond, grand pectoral faisceaux moyen et inférieur), on peut proposer des exercices utilisant des élastiques, comme le TRX par exemple.
  • Renforcement des fixateurs internes de l’omoplate (rhomboïde, trapèze moyen) afin d’éviter les compensations comme une sonnette externe disproportionnée de la scapula lors des mouvements de l’épaule.
  • Renforcement des muscles atrophiés : muscles de la coiffe (favoriser les rotateurs externes : infraépineux et petit rond, éventuellement en utilisant un appareil d’électrothérapie afin d’avoir une action ciblée sur le muscle).
  • Privilégier les exercices statiques ou de faible amplitude !
  • Étirement passif de la capsule en fin de séance: allongé à plat ventre sur une table, laisser le bras pendre dans le vide en faisant des petits mouvements pendulaires avec une sensation de relâchement total du bras.

Bibliographie

  • Vademecum de kinésithérapie et de rééducation fonctionnelle, XHARDEZ et coll.
  • Capsulite rétractile de l’épaule – Mise au point, BARCELO, J.J. RAILHAC, CHU Toulouse-Purpan
  • Stéroïdes oraux contre la douleur de l’épaule (capsulite rétractile), Cochrane