Le squat poids de corps

Le squat poids de corps

Dans notre vie quotidienne, quels que soient notre âge et nos activités, nous réalisons des flexions de jambes. C’est pourquoi les squats font partie des mouvements essentiels de base pour toute personne souhaitant développer sa fonctionnalité. Ces mouvements doivent être pratiqués régulièrement, sous différentes formes, afin d’en tirer le meilleur bénéfice. D’autre part, le squat peut être aussi un excellent exercice d’analyse pouvant aider le coach à proposer certaines solutions en fonction des déséquilibres que pourrait présenter le pratiquant.

 Petit descriptif de ce mouvement aussi simple que complexe…

Le squat poids de corps (Air Squat)

Il représente avec la marche, le mouvement que nous réalisons peut être le plus souvent dans notre vie quotidienne : du matin au lever jusqu’au coucher. Le squat n’est ni plus ni moins qu’un mouvement qui nous permet de passer de la position assise à la position debout et vice versa. À partir de ce constat, nous pouvons en déduire que ce mouvement doit être enseigné et corrigé si besoin.

La flexion poids de corps (aussi appelé « Air Squat ») reste le mouvement le plus basique. Sans considérer les différentes pathologies que pourraient présenter certains pratiquants, le mouvement peut se faire en amplitude complète, car notre corps permet de le faire. Regarder les enfants en bas âge ou encore dans certaines civilisations, ils peuvent passer plusieurs minutes en squat profond avec le fessier touchant pratiquement le sol. Se plaignent-ils pour autant de problèmes de genoux ou autres ? Non !

Dans la plupart de nos entraînements, le squat reste la base de tout exercice. Non seulement, car il permet de renforcer les membres inférieurs qui permettront alors un meilleur transfert de force dans le mouvement à réaliser, mais aussi parce que la plupart des mouvements se composent d’un squat (épaulé, arraché, thruster, burpees, etc.)

Concernant le « Air Squat » : avant d’enseigner les autres formes de squat (que nous détaillerons dans les prochains articles), le Air Squat doit être maîtrisé. Maîtrisé signifie que l’athlète a conscience de son corps et de son mouvement. C’est-à-dire qu’il doit pouvoir savoir quels sont ses points faibles et les corriger. Mais la maîtrise signifie aussi que le pratiquant est capable de réaliser un certain nombre de répétitions (sur le même mouvement ou en combinant avec d’autres, par exemple Air Squat, pompes et tractions) sans affecter sa technique.

Beaucoup de discours diffèrent sur la réalisation de ce mouvement. Mon point de vue est que chaque personne est différente dans sa morphologie, ses contraintes, ses pathologies. Il faut donc en tenir compte et éviter de mettre la personne avec les pieds ouverts d’une largeur d’épaules – par exemple – à tout prix.

Toutefois, la position la plus efficace pour réaliser le mouvement pourrait être :

  • Les pieds ouverts environ d’une largeur d’épaules ;
  • Les pointes de pieds tournées légèrement vers l’extérieur (11 h 05) ;
  • Le poids du corps est réparti sur l’ensemble du pied. J’insiste sur ce point-ci, car on entend souvent que le poids du corps devait être sur le talon. Alors que répartir notre poids de corps sur l’ensemble du pied ne veut pas dire que nous allons décoller les talons, mais juste nous servir de toute la force du pied pour pouvoir réaliser le mouvement et notamment les orteils qui jouent un rôle important dans l’équilibre et la transmission de la force du sol ;
  • Les courbures vertébrales neutres et le regard vers l’avant ;
  • L’engagement du centre (muscles profonds).

Pour l’exécution du mouvement :

  • La flexion des hanches doit être commencée avant la flexion des genoux. Donc, pensez d’abord à pousser les fessiers vers l’arrière.
  • Les genoux doivent rester dans l’axe des orteils. Attention à ne pas trop prononcer l’ouverture des genoux vers l’extérieur ! Votre repère doit rester l’alignement des genoux avec les orteils.
  • Les genoux peuvent et doivent s’avancer naturellement ! Là encore, nous entendons beaucoup de consignes sur le fait que les genoux ne doivent pas dépasser la pointe des pieds. Votre repère doit être avant tout la répartition du poids du corps sur le pied, et donc vérifier que les talons ne se décollent pas. La flexion excessive des genoux vers l’avant n’est peut-être qu’une conséquence de la mauvaise répartition du poids du corps sur le pied.
  • L’amplitude du squat: Le creux des hanches passe la ligne des genoux. Là encore, vérifions que la flexion n’est pas excessive, ce qui pourrait entraîner un relâchement de la mise en tension de certains muscles comme les ischio-jambiers, le transverse, les érecteurs du rachis. Toutefois, n’hésitez pas à adapter cette amplitude si le pratiquant présente des contraintes. Mieux vaut un squat avec moins d’amplitude, mais bien exécuté avec une conscience de son schéma corporel qu’une amplitude complète désastreuse !
  • La posture : même si le squat reste un mouvement sollicitant principalement les membres inférieurs, il nécessite un maintien de la posture tout au long de sa phase d’exécution. Cela signifie que : la colonne vertébrale doit rester tenue notamment grâce à l’engagement du transverse, et des fixateurs de la scapula, la tête ne doit pas s’avancer (garder les oreilles au-dessus des épaules), les épaules basses, et le regard doit être orienté vers l’avant.
  • La respiration : souvent oubliée dans les consignes, pensez à donner un rythme à vos pratiquants. On indique généralement l’inspiration sur la phase excentrique et l’expiration sur la phase concentrique. La respiration vous permettra de mieux gérer vos efforts dans la durée et d’être plus efficace sur vos mouvements. Elle jouera un rôle essentiel dans les squats avec charge.
  • Pensez à terminer votre mouvement. Le squat commence et se termine en extension complète des genoux et des hanches. L’extension des hanches est principalement due à la contraction du grand fessier. Donc, serrez les fessiers en fin de mouvement !

Les principales causes d’un mauvais squat et les solutions 

Attention ! Il ne s’agit ici que des causes probables. Aucune certitude ne peut être déduite en analysant une seule partie du corps. Il faut voir le corps comme un ensemble, composé de plusieurs articulations qui bougent en même temps.

Sans considérer les limites mécaniques de chaque personne, les problèmes liés à l’exécution d’un squat sont souvent liés à un problème de mobilité. Donc, faites la travailler !

Même si le squat reste un mouvement essentiel et naturel, pensez que chaque personne est différente de par son histoire sportive, son environnement quotidien, sa morphologie. De vouloir faire faire le même mouvement à chaque personne sans considérer ces caractéristiques serait une erreur. Avant que chacun puisse faire le WOD ou l’entraînement indiqué, assurez-vous qu’il puisse bouger efficacement.

Un article rédigé par :
Sébastien Hureau

Head Coach Reebok CrossFit Louvre depuis 2012, CrossFit Level 1 et Level 2 Trainer. Intervenant au DEUST des métiers de la forme à Paris–XII Créteil, ainsi que dans le secteur de la remise en forme en qualité de coach, manager, et consultant depuis 2001.