La femme sportive: Impact des cycles hormonaux sur place pratique sportive, physiologie

La femme sportive: Impact des cycles hormonaux sur place pratique sportive, physiologie

La physiologie féminine est caractérisée par des variations hormonales contrairement à la physiologie masculine qui est beaucoup plus linéaire. Ces variations hormonales féminines ont forcément un effet sur l’organisme et son activité. Certaines femmes pourront ressentir des différences dans la performance sportive et/ou la récupération en fonction de leur cycle. Cependant, ces ressentis peuvent parfois être encore tabous dans le milieu du sport.

Le fonctionnement des cycles féminins :

De J1 à J14 environ :

Concernant le fonctionnement ovarien : c’est la phase folliculaire, on observe le développement d’un follicule qui contiendra l’ovocyte (futur ovule).

Le premier jour du cycle, l’augmentation du taux de Gn-RH sécrétée par l’hypothalamus stimule la sécrétion de l’hormone folliculostimulante (FSH) et de l’hormone lutéinisante (LH) par l’adénohypophyse.
La FSH et la LH stimulent la croissance et la maturation du follicule, permettant à la sécrétion des œstrogènes d’augmenter progressivement. Lorsque la concentration en œstrogènes atteint un certain seuil, l’adénohypophyse libèrent une grande quantité de LH qui provoque la maturation de l’ovocyte et la libération de ce dernier hors de l’ovaire, c’est l’ovulation.

Concernant l’utérus :

De J1 à J5 : c’est la phase des menstruations, matérialisée par l’évacuation de tout l’endomètre (sauf sa couche profonde).

Puis jusqu’à J14 environ, c’est la phase proliférative qui correspond à la reconstitution de l’endomètre sous l’action des œstrogènes sécrétés par l’ovaire.

Vers J14 :

C’est le moment de l’ovulation, le follicule se rompt pour laisser s’échapper l’ovocyte. L’ovocyte vit pendant 12 heures à l’intérieur du corps de la femme.

DeJ15àJ28:

Dans les ovaires : c’est la phase lutéale, le follicule dégénère en « corps jaune » qui sera sécrétant de progestérone et d’un peu d’œstrogènes.

Lorsqu’il n’y a pas de grossesse, le corps jaune commence à dégénérer après 10 jours environ et cesse de produire des hormones.
Lorsqu’il y a fécondation et démarrage d’une grossesse, le corps jaune persiste et continue à produire les hormones jusqu’à ce que le placenta soit prêt à élaborer lui- même des hormones (au bout de 3 mois environ). Dans l’utérus : c’est la phase sécrétoire, on observe le développement du réseau vasculaire et glandulaire de l’endomètre afin d’assurer l’alimentation de l’embryon qui s’y implanterait.

Un cycle dure en moyenne 28 jours, il est admis que des cycles allant de 21 à 35 jours sont considérés comme normaux. Cependant lors de ces cycles courts ou longs, l’ovulation ne se produira pas au 14 e jour.
La phase folliculaire (de production de l’ovocyte) peut varier entre 7 à 19 jours mais une fois que l’ovulation est passée, il y aura toujours 14 jours jusqu’à l’arrivée des règles (phase lutéale). Il est donc difficile de savoir exactement quand l’ovulation a lieu, c’est pour cette raison que l’on se base sur la date des dernières règles pour calculer un début de grossesse, on compte en semaines d’aménorrhée (nombre de semaines depuis le premier jour des règles du cycle précédent).

Les pathologies qui peuvent perturber le cycle menstruel :

De J1 à J14 environ :

Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)

Il touche environ 10% des femmes et est dû à un dérèglement hormonal d’origine ovarienne et/ou centrale (au niveau du cerveau). Ce dérèglement entraine une production excessive d’hormones androgéniques, en particulier la testostérone.

Les symptômes sont :

Des troubles de l’ovulation : la testostérone inhibe le fonctionnement normal décrit ci-dessus, l’ovulation ne se produit pas ou tardivement, ce qui induit des cycles anormalement long (35 à 40 jours) voire l’absence de règles.

Une hyperandrogénie : de nouveau la surproduction de testostérone a des impacts sur le corps comme une hyperpilosité chez 70% des femmes atteintes, une chute des cheveux (alopécie) et de l’acné.

Un syndrome métabolique : l’hyperandrogénie favorise la prise de masse grasse (engendrant un surpoids voire une obésité) qui peut conduire à un diabète et prédisposer à l’hypertension artérielle et les maladies cardio- vasculaires.

Endométriose :

Cette maladie, qui touche aussi 1 femme sur 10, est caractérisée par la présence de tissu utérin (tissu endométrial) en dehors de la cavité utérine. Cela engendre des lésions composées de cellules qui possèdent les mêmes caractéristiques que celles de la muqueuse utérine et se comportent comme elles sous l’influence des hormones ovariennes. Les lésions ressemblent à des petites tâches goudronnées sur le tissu des organes qu’elles touchent (souvent les ovaires, les ligaments utéro- sacrés, le rectum, la vessie, le vagin).

Les symptômes de l’endométriose sont des douleurs pelviennes souvent invalidantes qui apparaissent pendant les règles, des dyspareunies (douleurs profondes pendant les rapports sexuels) ou des douleurs à la miction ou défécation.

Syndrome pré-menstruel :

Il représente la gêne la plus fréquemment signalée par les femmes (30 à 40%), survenant dans les quelques jours avant le début des règles

Il existe 3 signes principaux :

Douleurs et tensions au niveau de la poitrine
Gênes abdomino-pelviennes à type de ballonnements, douleurs, trouble du transit
Irritabilité, anxiété, syndrome dépressif

Bibliographie

– Anatomie et physiologie humaines, Elaine N. MARIEB, 1999
– Syndrome pré-menstruel : http://campus.cerimes.fr/gynecologie-et obstetrique/enseignement/gynecologie_26/site/html/2.html#2

– Syndrome des ovaires polykystiques : https://www.inserm.fr/information-en sante/dossiers- information/syndrome-ovaires-polykystiques-sopk
– Endométriose : https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers- information/endometriose

Un article rédigé par :
Amandine Périno

Masseur-kinésithérapeute et ostéopathe, titulaire d’un diplôme universitaire (DU) en périnatalité, d’un DU en anatomie clinique et numérique et d’un DU d’ostéopathie du sport, enseignante en anatomie fonctionnelle pour les DEUST métiers de la forme et pour l’école d’ostéopathie ISO Paris.